Quelles sont les causes à l’origine du TDI ?

Source : Carolyn Spring – what cause DID ?

Pour que le Trouble Dissociatif de l’Identité (TDI) se développe, il faut généralement la présence d’une situation traumatique chronique, accompagnée de dysfonctionnements significatifs au sein de la relation parent-enfant.

Le Trouble Dissociatif de l’Identité ne sort pas du chapeau : il ne provient pas d’un dérèglement chimique du cerveau, il n’est pas causé par des gènes défectueux. Il y existe sûrement des facteurs biologiques, sociaux et environnementaux qui accroissent la probabilité de développer un trouble dissociatif, mais ce sont les traumatismes et l’attachement désorganisé qui sont à l’origine du développement du TDI.

Les facteurs de risques dans le développement d’un trouble dissociatif

Les recherches suggèrent qu’il existe trois facteurs qui pourraient augmenter le risque qu’une personne développe un trouble dissociatif :

1. De façon biologique, certaines personnes pourraient avoir une tendance à la dissociation plus importante, ou un problème d’origine organique, cérébral, qui rend plus difficile l’intégration (ou l’association, en opposé à dissociation) de leurs expériences.

2. Les enfants ont un cerveau moins mature que les adultes, ce qui les rend plus susceptibles de développer une personnalité dissociative, car leur sens de soi et leur personnalité ne sont pas encore unifiés – ils sont encore en développement. Les enfants sont ainsi moins en capacité de gérer et d’intégrer des expériences traumatiques. De fait, plus la personne sera jeune lorsqu’elle vivra une situation traumatique, plus elle sera susceptible de développer un trouble dissociatif.

3. Les enfants manquant de soutien émotionnel et social sont plus susceptibles de développer des troubles dissociatifs liés aux traumas. S’ils grandissent dans un environnement familial toxique ou négligent, où ils n’ont aucun soutien pour traverser les situations et émotions difficiles, ils seront plus enclins à utiliser la dissociation comme moyen de gérer le trauma. Il est peu probable qu’ils réussiront à intégrer ce trauma dans leur récit autobiographique (l’histoire de leur vie) s’ils n’ont jamais eu les mots pour en parler, ou si personne ne les a écouté ou s’en est soucié. Les évènements traumatiques sont donc plus susceptibles de rester « hors de l’esprit », ou en d’autres mots, dissociés.

Deux chemins principaux qui mènent au TDI

D’après les recherches, il y a deux grands facteurs qui mènent à un trouble dissociatif : le traumatisme, accompagné par un attachement désorganisé. Ou, plus simplement, une situation traumatique répétitive, souvent provoquée par une figure d’attachement (personne censée prendre soin de l’enfant), ou bien par une personne qui est « effrayante ou effrayée ».

Mais le TDI semble se développer uniquement à la suite de traumatismes durant l’enfance. Souvent, les symptômes ne deviennent apparents qu’à l’âge adulte, mais on considère que les traumatismes qui arrivent uniquement à l’âge adulte ne débouchent pas sur un trouble dissociatif. Ils donnent plutôt un syndrome de stress post-traumatique (SSPT), cependant le TDI est un trouble développemental tout autant qu’un trouble post-traumatique. Certaines personnes déclarent que pour que le TDI se développe, le trauma aura dû être chronique (qu’il ait dû arriver de façon répétée et fréquente) et maximum à l’âge de huit ans, voire plus jeune. L’une des raisons pour cela est que le TDI est intimement lié à l’attachement, or les schémas d’attachement se développent durant les trois premières années de vie, devenant une référence pour les relations futures.

Richard Kluft a proposé une théorie développementale du TDI basée sur quatre facteurs :

1. La capacité à dissocier
2. Des évènements traumatiques surpassant les capacités non-dissociatives de l’enfant
3. La structuration spécifique des identités alternantes du TDI
4. Des facteurs de renforcement, comme l’absence d’expériences apaisantes et restauratrices, qui nécessite que l’individu trouve sa propre façon de gérer la détresse

(Kluft, cité par Chu, 2011)

Elizabeth Howell (2011), déclare que :

Le Trouble Dissociatif de l’Identité est généralement la conséquence d’un trauma infantile chronique et sévère, ce qui peut inclure des violences physiques, sexuelles, de la terreur extrême et récurrente, des traumas d’origine médicaux extrêmes, et de la négligence importante.

Cependant, il est à noter que qu’un trauma insupportable pour un enfant n’est pas nécessairement délibéré et mauvais. Elle explique ainsi :

Les maladies des parents, la dépression, ou des schémas d’attachement problématiques peuvent être psychiquement insupportables pour l’enfant et mener à un attachement désorganisé. De plus, les traumas médicaux peuvent être source de dissociation. Par exemple, certains patients dissociatifs ont rapporté des antécédents de problèmes médicaux chroniques et d’hospitalisation impliquant une douleur extrême et une séparation inévitable des parents bien-intentionnés.

De fait, le TDI n’est pas systématiquement le fait de violences intentionnelles, quand bien même elles en sont la cause majoritaire. Une équipe de chercheurs (Brand, Classen, Lanius et al, 2009a) a découvert que, parmi leurs patients avec un trouble dissociatif, 86% ont rapporté avoir subis des violences sexuelles et 76% des violences physiques. Il est possible que les pourcentages soient encore plus élevés, car l’amnésie et l’incapacité à se souvenir de certains aspects du trauma est un symptôme du TDI : plus de patients auraient pu parler de ces abus s’ils avaient été en capacité de s’en souvenir.

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