Qu’est-ce que le Trouble Dissociatif Toutefois Non-Spécifié ? (DDNOS) ?

Source : Carolyn Spring – What is Dissociative Disorder Not Otherwise Specified (DDNOS) ?

Le trouble dissociatif toutefois non spécifié est un diagnostic à consonance étrange qui est censé être une « catégorie résiduelle », c’est-à-dire que « la caractéristique prédominante est un symptôme dissociatif (c’est-à-dire une perturbation des fonctions habituellement intégratives de la conscience, de la mémoire, identité ou perception de l’environnement) qui ne répond aux critères d’aucun trouble dissociatif spécifique » (APA, 2000, p.503).

En quoi le DDNOS est-il différent du trouble dissociatif de l’identité ?

Les critères diagnostiques sont donnés ci-dessous, mais dans l’ensemble, le DDNOS est le diagnostic de choix pour le trouble dissociatif partiel de l’identité. Les directives de traitement de l’ISSTD font une distinction utile entre deux types de DDNOS : « pas encore » et « pas tout à fait ». Les DDNOS de type 1a sont des personnes qui ont en fait un trouble dissociatif de l’identité mais qui n’ont pas encore été diagnostiquées. Les DDNOS de type 1b sont des personnes qui ne répondent pas tout à fait aux critères de diagnostic du TDI – généralement parce qu’elles n’ont pas d’amnésie entre les alters, ou parce que leurs alters / parts ne sont pas assez « séparés » pour être classés comme des états d’identité différents. Le DDNOS est en fait le trouble dissociatif le plus courant et il y a donc un débat sur la question de savoir s’il devrait être reformulé : en tant que catégorie « résiduelle », il est destiné à éponger quelques cas qui ne rentrent pas tout à fait dans d’autres cases de diagnostic, pas à être une catégorie entière à lui tout seul !

Colin Ross (2007, p.142) dit que: « La ligne de démarcation entre le trouble dissociatif de l’identité et la plupart des cas de trouble dissociatif toutefois non spécifié est arbitraire. La plupart des cas de DDNOS sont des formes partielles de TID qui manquent soit d’un switch clair et distinc du contrôle exécutif, de barrières d’amnésie complètes entre les états d’identité, ou d’une différenciation et d’une structure claires des états d’identité. Ce sont des formes partielles de TDI avec les mêmes schémas de traumatisme et de comorbidité infantiles. »

En résumé, de nombreuses personnes recevront un diagnostic de DDNOS car, au cours du processus de diagnostic, elles ne présentent pas d’amnésie entre les alters ou des alters suffisamment élaborés. Cependant, beaucoup peuvent continuer à recevoir un diagnostic de trouble dissociatif de l’identité à un stade ultérieur, et beaucoup peuvent en fait avoir un TDI, mais ne montraient pas de symptômes suffisants de cet état pendant le bref entretien de diagnostic, sur la base des critères restrictifs spécifiés par le DSM-IV.

Principes symptomatiques pour le trouble dissociatif toutefois non spécifié

Critères de diagnostic (Code 300.15) du DSM-IV :

Cette catégorie est présente pour les troubles dans lesquels la caractéristique prédominante est un symptôme dissociatif (c’est-à-dire une perturbation des fonctions habituellement intégrées de conscience, de mémoire, d’identité ou de perception de l’environnement) qui ne répond pas aux critères d’un trouble dissociatif spécifique. Les exemples comprennent :

  • Présentations cliniques similaires au trouble dissociatif de l’identité qui ne répondent pas à tous les critères de ce trouble. Les exemples incluent des présentations dans lesquelles a) il n’y a pas deux ou plusieurs états de personnalité distincts, ou b) l’amnésie pour des informations personnelles importantes ne se produit pas.
  • Déréalisation non accompagnée de dépersonnalisation chez les adultes.
  • États de dissociation qui se produisent chez des individus qui ont été soumis à des périodes de persuasion coercitive prolongée et intense (par exemple, lavage de cerveau, réforme de la pensée ou endoctrinement en captivité).
  • Trouble de transe dissociative : troubles uniques ou épisodiques de l’état de conscience, d’identité ou de mémoire qui sont indigènes à des lieux et à des cultures particuliers. La transe dissociative implique un rétrécissement de la conscience de l’environnement immédiat ou des comportements ou mouvements stéréotypés qui sont ressentis comme étant hors de contrôle. La transe de possession implique le remplacement du sens coutumier de l’identité personnelle par une nouvelle identité, attribuée à l’influence d’un esprit, d’un pouvoir, d’une divinité ou d’une autre personne, et associée à des mouvements stéréotypés « involontaires » ou à une amnésie et est peut-être le trouble dissociatif le plus courant en Asie. Les exemples incluent : amok (Indonésie), bebainan (Indonésie), latah (Malaisie), pibloktoq (Arctique), ataque de nervios (Amérique latine) et possession (Inde). Le trouble dissociatif ou de transe ne fait pas partie intégrante d’une pratique culturelle ou religieuse collective largement acceptée.
  • Perte de conscience, stupeur ou coma non attribuable à une condition médicale générale.
  • Syndrome de Ganser : donner des réponses approximatives à des questions (par exemple, « 2 plus 2 égale 5 ») lorsqu’elles ne sont pas associées à une amnésie dissociative ou à une fugue dissociative.

Bibliographie

APA, 2000 : American Psychiatric Association. Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders. 4th ed, text revision. Washington, DC : American Psychiatric Association ; 2000.

Ross, 2007 : Colin A. Ross. The Trauma Model: A Solution to the Problem of Comorbidity in Psychiatry. 2007. Manitou Communications, 629 pages.

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