FAQ sur les enfants et adolescents

Source : ISSTD – Child & Adolescent FAQs

Préparé par le Comité de l’Enfance et de l’Adolescence

Ces questions et réponses visent à aider les parents à comprendre la dissociation. La consultation d’un professionnel est nécessaire pour une évaluation approfondie et précise. Pour faciliter la lecture, « enfant » (c’est-à-dire enfant ou adolescent) sera utilisé dans les réponses ci-dessous, et l’utilisation de « il » et « elle » alternera.

1. Le comportement de mon enfant et son humeur peuvent changer soudainement comme Docteur Jekyll et Mister Hyde. J’ai entendu parler de la dissociation et je me demande si les deux sont liés ?

La dissociation normale

Avant de répondre à cette question, une description de la dissociation serait utile. Dans de nombreux cas, la dissociation peut être considérée comme normale ou non problématique. Voici quelques exemples :

  • Un enfant devient complètement absorbé par une activité et n’est alors pas conscient de ce qui l’entoure (par exemple, lorsqu’il joue à un jeu vidéo).
  • Un enfant développe « un monde imaginaire » (NdT : un paracosme), mais connaît la différence entre ce qu’est la fantaisie et ce qui est réel.
  • Un enfant (même un adulte) peut lire jusqu’à la fin d’une page et ne pas savoir ce qu’il a lu parce que son esprit est parti ailleurs.
  • Un enfant peut bloquer quelque chose de désagréable (par exemple, une blessure douloureuse), sans nuire à son fonctionnement général.

Ces cas de dissociation normale n’interfèrent pas avec le développement de l’enfant et ses progrès sociaux et scolaires.

La dissociation problématique

Un autre type de dissociation, qui fait l’objet de ce site Web, est appelé « dissociation problématique » ou « dissociation pathologique ». Comme pour les autres difficultés que rencontrent les gens, il existe un continuum ou un degré de gravité de la dissociation. La dissociation problématique peut être considérée comme légère, modérée ou sévère, en fonction de nombreux facteurs décrits ci-dessous. Les enfants peuvent éprouver différents degrés de dissociation à des moments différents.

Une dissociation problématique ou pathologique peut survenir lorsqu’un enfant doit faire face à un événement accablant ou effrayant, à de multiples événements effrayants ou à une situation de vie déroutante (voir FAQ 2 ci-dessous). L’enfant a très peur, est impuissant et ne peut pas échapper à la situation. Il peut même craindre de ne pas survivre. Pour faire face à cela, il trouve un moyen de « s’échapper » en bloquant (dissociant) le ou les événements terrifiants de sa mémoire, en bloquant les sentiments de douleur physique ou émotionnelle et de rage, et en bloquant les mauvaises pensées sur lui-même et ceux qui lui font du mal. Il peut entrer dans un état de transe ou d’« absence » (perdre sa concentration, avoir l’esprit vide ou se figer) et ne pas être conscient de son environnement. Il s’agit d’une technique de survie utilisée au moment de l’événement effrayant et peut être utile à l’enfant à ce moment-là. Cependant, cette « absence » peut continuer à se produire dans d’autres circonstances, ce qui peut empêcher l’enfant de se développer normalement – en affectant sa capacité à répondre aux attentes sociales et scolaires, à gérer correctement ses émotions et à former des attachements sains.

Les jeunes enfants sont plus enclins à la dissociation que les enfants plus âgés parce qu’ils n’ont pas la capacité de gérer ce qui est effrayant ou douloureux et ne peuvent pas s’extirper de la situation. Cependant, la manière dont chaque enfant gère une telle situation dépendra de nombreux facteurs. Certains facteurs peuvent être : a) la capacité de l’enfant à se calmer et à croire que son monde peut redevenir sûr ; b) la capacité du parent d’écouter les sentiments confus et conflictuels de l’enfant et de discuter ouvertement de la situation traumatique ; c) la disponibilité de services rapides, appropriés et de soutien pour l’enfant et le parent.

La dissociation légère : Un exemple de forme légère de dissociation pourrait être quand un enfant est à l’école et « s’absente » et n’écoute pas ou ne s’occupe pas de l’enseignant, sans avoir le contrôle de ce comportement. Cela peut interférer avec son apprentissage et son développement global, en particulier si cela se produit souvent.

La dissociation modérée : Une forme modérée de dissociation se produit lorsqu’un enfant a développé la capacité de ne pas sentir son corps blessé, par exemple, lors de violences physiques ou sexuels, ou d’interventions médicales. C’est ce qu’on appelle la « dépersonnalisation » – une personne se sent engourdie ou ne ressent pas son propre corps. Il peut également bloquer d’autres sens, comme l’ouïe, le goût et la vue, ce qui peut affecter sa capacité à apprendre. L’utilisation continue de la dissociation peut l’empêcher d’être conscient de ses sensations et fonctions corporelles. Par exemple, les enfants qui ont engourdi leur corps peuvent ne pas savoir quand ils se blessent parce qu’ils ne peuvent pas ressentir la douleur. Ils peuvent ne pas réagir de la façon dont nous attendons habituellement que les enfants réagissent à la douleur, à la maladie ou au agressions, et leurs blessures ou maladies peuvent passer inaperçues ou être minimisées.

Une autre forme modérée de dissociation se produit lorsqu’un enfant doit se séparer (la partie consciente de son esprit) de son environnement pour éviter de vivre l’événement terrifiant. Il développe la capacité de ne pas être conscient de ce qui se passe autour de lui ou de rendre ce qui lui arrive irréel. C’est ce qu’on appelle la « déréalisation » – le sentiment que l’environnement actuel semble inconnu ou irréel d’une certaine manière. Cela peut se produire pendant l’événement terrifiant et cela peut se reproduire lorsque les choses lui rappellent la situation d’origine.

La dissociation sévère : La dissociation à l’extrémité du continuum se produit lorsque l’enfant, pour échapper à un événement terrifiant, doit se séparer si complètement de lui-même qu’il a l’impression que des moi séparés détiennent des sentiments, des pensées et des souvenirs affreux. Celles-ci sont appelées « parties dissociatives » (également appelées « états dissociatifs »). L’enfant est toujours un seul individu, mais il fait l’expérience de parties séparées de lui-même avec une perception ou une « conscience » distincte. Ces parties peuvent éloigner les sentiments, les pensées et les souvenirs effrayants indésirables et inacceptables de la conscience continue de l’enfant afin qu’il ne les éprouve pas. Autrement, il serait trop difficile de vaquer à ses occupations quotidiennes et de faire ce que l’on attend de lui. Ce type de dissociation peut être compris comme une perturbation ou un dérèglement de son identité : l’enfant a l’impression d’avoir des parties ou des états de conscience séparés plutôt que le moi unique qui comprend tous les sentiments, pensées et comportements.

Les parties dissociatives d’un enfant peuvent influencer la façon dont l’enfant se comporte, se sent, pense ou se souvient. Parfois, il peut vraiment ne pas être conscient de ce qu’il a fait ou vécu. Pour d’autres, il peut avoir l’air de mentir. C’est ce qu’on appelle « l’amnésie », une incapacité à se souvenir d’informations importantes sur le comportement ou les événements présents ou passés. L’enfant peut entendre des voix à l’intérieur de sa tête, comme une « partie en colère » lui criant dessus ou une « partie aidante » lui disant comment se comporter. Il peut ou non donner aux voix des noms de personnes, d’animaux, de jouets ou de sentiments. Cependant, ces éléments ne prennent pas le contrôle du comportement de l’enfant et ne se présentent pas aux autres ; ils restent dans l’esprit de l’enfant. C’est ce qu’on appelle un « Trouble Dissociatif Autrement Non Spécifié ».

La forme la plus extrême de dissociation se produit si ces parties dissociatives contrôlent complètement le comportement de l’enfant. L’enfant se présente aux autres comme s’il était des personnes différentes à des moments différents. Cela se produit lorsque les parties séparées contrôlent à la fois son comportement et sa conscience. C’est ce qu’on appelle le « Trouble Dissociatif de l’Identité ». Ces éléments mouvants sont très déroutants pour l’enfant et son entourage. Il peut avoir des périodes d’amnésie considérables pendant ces périodes.

Il est important de garder à l’esprit que la dissociation est une réponse adaptative à une situation anormale. Il est créatif et utile lorsqu’un enfant ne peut physiquement échapper à une situation terrifiante et douloureuse. Cependant, cela peut devenir un modèle de réponse même lorsque cela n’est plus nécessaire. Un tel schéma de réponse peut entraîner de graves problèmes pour l’enfant à la maison, à l’école et dans les relations interpersonnelles (voir la FAQ 3 ci-dessous).

CONCLUSION : Développer une image complète de votre enfant avec l’aide d’un professionnel compétent déterminera si votre enfant est dissocié ou si son comportement est dû à une autre raison. Voir FAQ 3 pour d’autres symptômes liés à la dissociation.

2. Qu’est-ce qui pourrait faire dissocier mon enfant ?

Les enfants, comme les adultes, se dissocient lorsqu’ils sont submergés par la peur ou la douleur, se sentent impuissants et ne peuvent pas s’échapper. Ils bloquent ce qui leur arrive et ce qu’ils ressentent.

Vous trouverez ci-dessous une liste des types de situations qui peuvent amener un enfant à se dissocier :

  • violence physique
  • abus sexuel
  • violence psychologique (cris, hurlements, exploitation et / ou déclarations critiques et dégradantes)
  • négligence chronique (ignorer à plusieurs reprises les besoins physiques et / ou émotionnels de l’enfant)
  • être témoin de violence familiale ou de violence de rue
  • perte violente ou répétée d’êtres chers (y compris enlèvement / kidnapping de l’enfant)
  • être pris en charge par des parents effrayés ou effrayants
  • blessures physiques, conditions médicales et procédures médicales douloureuses (p. ex. brûlures, cancer)
  • accidents effrayants et douloureux
  • traverser ou être témoin d’une catastrophe naturelle (p. ex. tremblement de terre, inondation)
  • séparation répétée de la personne qui prend soin de l’enfant et lui apporte un soutien affectif
  • harcèlement scolaire grave et chronique

Il est important de se rappeler que, si votre enfant reçoit un soutien et se sent en sécurité peu de temps après un événement effrayant, toute dissociation peut être temporaire et, par conséquent, non problématique.

3. Comment mon enfant pourrait-elle se comporter si elle dissociait ?

La dissociation peut apparaître de différentes manières. Vous pouvez remarquer des changements soudains dans le comportement, les sentiments et / ou les attitudes de votre enfant. Parfois, ces changements se produisent plusieurs fois dans la journée et parfois ils se produisent moins souvent. Votre enfant ne pourra peut-être pas expliquer pourquoi elle se comporte de cette façon. Elle peut ne pas savoir que son comportement change.

Vous trouverez ci-dessous plusieurs listes de changements de comportement, d’émotions, de pensées et de conditions physiques pouvant survenir lors de la dissociation. En lisant ces listes, rappelez-vous que tous les enfants ne présenteront pas tous ces signes ou symptômes. Certains signes peuvent être légers tandis que d’autres peuvent être très intenses.

N’oubliez pas que bon nombre de ces symptômes peuvent survenir avec des problèmes autres que la dissociation. C’est la combinaison de nombreux symptômes qui peut suggérer une dissociation.

Changements de comportement les plus fréquemment observés par les parents ou les enseignants :

  • Votre enfant peut agir de façon très mature à un moment, puis se comporter comme un enfant beaucoup plus jeune (même un bébé) à un autre moment.
  • Votre enfant peut être agressif et méchant à un moment donné, puis devenir passif, aimant ou attentionné à un autre moment.
  • Votre enfant peut parler d’elle-même avec des noms différents ou peut se désigner comme « nous ».
  • Votre enfant peut utiliser des voix différentes ou des manières spécifiques (par exemple, de la dermatillomanie) à un moment donné et pas à d’autres moments.
  • Votre enfant voudra peut-être porter sa tenue préférée ou manger sa nourriture préférée, mais plus tard, ou peut-être le lendemain, elle dira qu’elle déteste la tenue ou la nourriture.
  • Elle peut ne pas être en mesure d’expliquer ce changement et peut dire qu’elle n’a jamais aimé la tenue ou la nourriture.
  • Votre enfant peut avoir certaines compétences ou être capable de faire certaines activités facilement et bien (écriture, sport, mathématiques, lecture), mais ensuite, le lendemain, elle peut avoir des problèmes avec elles ou ne plus savoir comment les faire.
  • Votre enfant peut sembler « avoir des absences » à la maison, à l’école ou à des événements sociaux et ne pas savoir ce qui se passe autour d’elle. Le temps peut passer et elle ne sait pas ce qui s’est passé pendant cette période.
  • L’expression du visage de votre enfant peut changer radicalement et passer soudainement de sourire à en colère sans raison apparente.
  • Les yeux de votre enfant peuvent sembler avoir un regard vide lorsque vous lui parlez (comme si elle était à des kilomètres) ou elle peut avoir un regard vitreux, en particulier lorsqu’elle est agressive ou en colère.
  • Votre enfant peut se retrouver dans un endroit et ne pas savoir comment elle y est arrivée. Par exemple, elle peut être envoyée au bureau du directeur pour avoir mal agi et ne pas se souvenir d’avoir quitté la salle de classe, d’être allée au bureau ou même pourquoi elle est là.

Sur le plan émotionnel, votre enfant peut ressentir des changements soudains et passer d’un sentiment extrême à un sentiment complètement différent ou opposé sans montrer aucune des émotions intermédiaires. La raison de ce changement d’émotion peut ne pas être claire ou ne pas avoir de sens pour vous.

  • Votre enfant peut être calme un moment, puis dans l’instant suivant, devenir explosive, agressive, effrayée, avoir les larmes aux yeux ou être paniquée.
  • Votre enfant peut montrer des émotions qui ne correspondent pas à ce qui se passe, comme rire dans une situation triste et bouleversante ou devenir triste ou en colère dans une situation joyeuse.
  • Votre enfant peut ne montrer aucun sentiment du tout. Elle peut ne pas être consciente de ses sentiments.

Vous pouvez également remarquer des changements cognitifs. Ce sont des changements soudains et parfois contradictoires des modes de pensée.

  • Votre enfant peut être capable de faire une tâche assez bien un jour, mais ne sait plus comment faire la même tâche ou une tâche similaire le lendemain. Sans aucun enseignement supplémentaire, elle pourra peut-être refaire la tâche plus tard.
  • Votre enfant peut faire un bon choix lorsqu’elle est confrontée à un problème, mais lorsqu’elle sera confrontée au même problème plus tard, elle peut faire un mauvais choix et ne pas se souvenir de la situation antérieure et de la décision antérieure.
  • Votre enfant peut penser qu’une situation totalement sûre est extrêmement dangereuse et être très craintive. Ou elle peut interpréter une situation dangereuse comme sûre.
  • Votre enfant peut ne pas être en mesure de se souvenir d’événements importants, tels que des anniversaires, des vacances, des vacances en famille ou des voyages en camping.
  • Votre enfant peut ne pas se souvenir d’avoir fait quelque chose, même si quelqu’un l’a vue le faire.
  • Votre enfant peut « entendre » des voix dans sa tête. (Les enfants en parlent rarement à moins qu’on ne leur demande directement.)
  • Votre enfant peut rapporter avoir des « personnes internes » qui disent des choses méchantes et la dirigent. Celles-ci sont différentes des amis fictifs ou imaginaires que les jeunes enfants ont et dépassent généralement en grandissant.
  • Votre enfant peut avoir une mauvaise opinion d’elle-même (peut-être même se sentir suicidaire) et voir le monde comme un endroit effrayant et menaçant. Puis, soudain, elle peut se sentir bien dans sa peau et dans le monde, et pleine d’espoir pour l’avenir.
  • Votre enfant peut avoir des flashbacks (revivre un événement traumatisant) et ne pas être consciente de son environnement actuel.

Des changements physiques ou corporels peuvent également survenir chez votre enfant. Votre médecin peut ne pas être en mesure de trouver un problème médical ou la cause de la douleur ou des difficultés physiques de votre enfant. Ces problèmes physiques peuvent résulter de la tension ou de l’anxiété due à un traumatisme « retenu » (dont on se souvient inconsciemment) dans le corps.

  • Votre enfant peut avoir une crise d’incontinence sans le remarquer. Elle peut ne pas remarquer qu’elle est mouillée ni en sentir l’odeur.
  • Votre enfant peut se blesser (par exemple, se couper ou se casser un os) ou s’auto-mutiler (par exemple, se couper ou se brûler) et ne pas ressentir la douleur ni être consciente qu’elle a été blessée.
  • Votre enfant peut avoir des maux d’estomac, des maux de tête, des mouvements convulsifs ou d’autres problèmes physiques (par exemple, des difficultés à respirer, à marcher, des douleurs génitales) qui ne peuvent pas être expliqués physiquement.

REMARQUE : les symptômes ci-dessus peuvent survenir seulement quelques fois par an ou peuvent être beaucoup plus fréquents et se produire plusieurs fois par jour.

4. J’ai eu des lectures et vu des films à propos de la dissociation, en particulier le Trouble de Personnalités Multiples, chez les adultes. Est-ce que les enfants sont comme ça ?

La dissociation n’est pas aussi visible chez les enfants que chez les adultes. Comme décrit dans la FAQ 1, le Trouble de la Personnalité Multiple, qui est maintenant appelé Trouble Dissociatif de l’Identité (TDI), est une forme extrême de dissociation dans laquelle le sentiment d’identité de l’individu s’est séparé en états ou en parties qui ne sont pas toujours conscients les uns des autres. La plupart des enfants et des adultes connaîtront une dissociation moins extrême.

Parce que l’enfant est jeune, ses états dissociatifs n’ont pas eu beaucoup de temps pour développer des caractéristiques ou des traits distincts. Par conséquent, ils sont moins évidents et perceptibles que ceux des adultes. En outre, les états dissociatifs de nombreux enfants peuvent être plus proches de l’âge de l’enfant (par rapport à un enfant faisant partie d’un adulte), ce qui rend la dissociation plus difficile à remarquer. Une partie de l’enfant peut se comporter comme un bébé ou un enfant en bas âge, tandis qu’une autre partie dissociative peut se comporter de manière beaucoup plus âgée et s’attendre à être traitée comme une personne plus âgée.

La bonne nouvelle est que, comme les états dissociatifs d’un enfant ne sont pas aussi développés que ceux des adultes, les séparations entre eux ne sont pas aussi fortes. Un enfant peut plus facilement prendre conscience de ses parties de lui-même, et toute amnésie (problème de mémoire) qu’il peut avoir peut être plus facilement résolue.

Voici une liste de quelques différences dans les états dissociatifs des enfants par rapport aux états dissociatifs des adultes :

  • Les changements de voix, de manniérismes et d’humeur chez les enfants sont moins dramatiques que chez les adultes.
  • L’inattention ou les états de transe (voir FAQ 3ci-dessus) chez les enfants sont souvent brefs et moins perceptibles, et sont souvent considérés comme des problèmes d’attention.
  • Un enfant peut ne pas comprendre que les voix ou les « personnes à l’intérieur » qu’il voit dans son esprit sont inhabituelles. Un enfant peut également avoir peur ou être gêné de parler d’eux s’ils lui font peur.
  • Les comportements agressifs ou sexualisés, y compris l’automutilation, qui peuvent survenir dans un état dissocié, sont généralement moins graves que ceux perpétrés par des adultes.

5. Mon enfant semble avoir  des symptômes de dissociation, mais on lui a donné d’autres diagnostics : Trouble Oppositionnel, Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité, et même Trouble Bipolaire. Que dois-je faire ? Dois-je chercher plus loin ?

De nombreux professionnels de la santé n’ont pas reçu de formation adéquate dans le domaine des traumatismes et de la dissociation. La reconnaissance du traumatisme et de ses effets, y compris les caractéristiques dissociatives, est trop souvent négligée dans le diagnostic des problèmes de l’enfance. Les médecins et autres cliniciens peuvent se concentrer sur le comportement le plus visible plutôt que de regarder l’image globale d’un enfant traumatisé.

Par exemple, un clinicien peut décrire un enfant comme ayant un problème mieux connu tel que le Trouble de Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité [TDAH] en raison de problèmes d’attention. Ou un enfant peut recevoir un diagnostic de Trouble Oppositionnel avec Provocation en raison de crises de colère incontrôlables.

À mesure qu’un enfant grandit et continue d’être explosif, destructeur et agressif, il peut être étiqueté avec un Trouble du Comportement.

Un enfant ayant des difficultés de mémoire et d’apprentissage (voir FAQ 3 ci-dessus) peut être étiqueté avec un trouble d’apprentissage ou un trouble du langage. Les fluctuations du comportement, des sentiments et des pensées des enfants (voir FAQ 3 ci-dessus) peuvent être considérées comme des sautes d’humeur ou comme un problème d’adaptation lié à des changements dans l’environnement.

Si les enfants traumatisés ont des changements extrêmes de comportement, de sentiments et de pensées, ils peuvent être diagnostiqués à tort avec un Trouble Bipolaire. Le Trouble Bipolaire comprend des changements de comportement et d’humeur, mais ces changements ne se produisent pas aussi fréquemment (par exemple, des va-et-vient en une journée) que chez les enfants dissociatifs. Une autre différence importante est que dans le Trouble Bipolaire, il n’y a pas de blocage de la conscience, des sentiments ou des souvenirs (amnésie) qui se manifeste dans la dissociation.

Il peut y avoir une autre raison pour laquelle les enfants reçoivent d’autres diagnostics lorsqu’ils présentent des symptômes dissociatifs. Parce que même les cliniciens n’aiment pas penser que les enfants sont blessés, il est plus facile de parler d’un enfant comme étant en colère et oppositionnel (Trouble Oppositionnel avec Provocation), ou explosif (Trouble du Comportement), ou réagissant à la douleur d’une maladie grave, que de parler (ou de penser) que des enfants puissent être traumatisés et dissociatifs (Trouble Dissociatif).

Les parents ne veulent tout naturellement pas penser au traumatisme et à ses effets sur leurs enfants. Ils préfèrent peut-être penser que ce qui s’est passé n’était pas si grave. Ils peuvent croire que l’enfant était trop jeune pour se souvenir et que cela ne pouvait donc pas l’affecter maintenant. Ou ils peuvent penser que l’expérience est du passé et qu’il vaut mieux la laisser tranquille. Malheureusement, même si le traumatisme n’est pas consciemment rappelé, il peut avoir des effets considérables sur l’humeur et le comportement de l’enfant – il peut encore être contenu dans l’esprit et ressenti dans le corps.

Il n’est pas rare que les parents d’accueil et adoptifs aient des informations incomplètes sur les antécédents de l’enfant et ne signalent donc pas de traumatisme lors d’une évaluation. Si le traumatisme est reconnu, le Syndrome de Stress Post-Traumatique (SSPT) peut être diagnostiqué, mais la présence d’une dissociation avec le SSPT est minimisée.

Il est très important que vous informiez le médecin ou le professionnel de la santé mentale qui traite votre enfant de tout traumatisme (voir FAQ 2 ci-dessus), même des traumatismes pendant la petite enfance. Vous devez également informer le médecin ou le thérapeute de tout comportement étrange et, en particulier, des changements de comportement (voir FAQ 3 ci-dessus) que vous avez remarqué chez votre enfant.

Si un enfant dissociatif est mal diagnostiqué, il ne recevra pas le traitement dont il a besoin. Le traitement des comportements non attentifs dans un Trouble Dissociatif est très différent du traitement des comportements non attentifs dans un Trouble du Déficit de l’Attention. Un diagnostic précis est crucial !

  • Si vous estimez que le diagnostic que votre enfant a reçu n’est pas exact, vous avez le droit de le remettre en question et de demander un deuxième avis.
  • Si le traitement que votre enfant reçoit ne vous aide pas, vous avez le droit de demander au professionnel d’envisager d’autres possibilités, comme la dissociation.
  • Malheureusement, de nombreux enfants atteints de dissociation reçoivent de nombreux diagnostics et sont traités avec une variété de médicaments et de thérapies infructueuses pendant plusieurs années avant que leur dissociation ne soit diagnostiquée et traitée !  

Il existe des listes de symptômes qui peuvent aider les cliniciens dans le processus de diagnostic. Les entretiens, les observations, la collecte de l’historique et le contact avec des ressources extérieures (école, garderie, médecin) peuvent également aider à identifier la dissociation chez les enfants. Vous voudrez peut-être interroger votre médecin ou professionnel de la santé mentale sur ces listes de symptômes :

  • Children’s Dissociative Experiences Scale and Posttraumatic Symptom Inventory [CDES/PTSI], (Stolbach and colleagues, 1997).
  • Adolescent Dissociative Experiences Scale, version 2 [A-DES, II], (Armstrong and colleagues).
  • Adolescent Multi-Dimensional Inventory of Dissociation [A-MID], (Dell).
  • Child Dissociative Checklist[CDC-III], (Putnam and colleagues).

6. Est-ce que ces symptômes veulent dire que mon enfant a été sexuellement abusé ?

Bien que de nombreux enfants dissociés aient été abusés sexuellement, cela ne signifie pas que tous les enfants dissociés ont vécu cela. N’oubliez pas que la violence physique, la violence domestique, la négligence, les conditions médicales douloureuses, les catastrophes naturelles et autres traumatismes peuvent également provoquer une dissociation. Veuillez vous référer à la liste ci-dessus dans la FAQ 2 pour les autres causes de dissociation.

Déterminer si votre enfant a été abusé sexuellement doit être basé sur :

  • Divulgations d’abus
  • Comportements de peur et autres changements de comportement face à un agresseur présumé
  • Connaissance sexuelle au-delà de ce qui est normal pour l’âge de l’enfant
  • Comportements sexuels nuisibles ou intrusifs pour lui-même ou pour quelqu’un d’autre
  • Évaluation médico-légale minutieuse par un professionnel qualifié

Vous devez vous référer au service local de protection de l’enfance ou à l’agence de services sociaux si vous craignez que votre enfant ait été abusé sexuellement. De plus, un évaluateur qualifié en santé mentale ou un thérapeute / conseiller peut être consulté.

7. Est-ce que l’état de mon enfant peut s’améliorer ?

OUI ! Tous les niveaux de dissociation répondent bien au traitement spécifique, en particulier s’il y a un diagnostic et une intervention précoces, et que l’enfant se trouve dans un environnement sûr.

Le professionnel travaillant avec votre enfant va :

  • Évaluer la sécurité à l’intérieur et à l’extérieur de la maison. La sécurité est essentielle pour un traitement réussi.
  • Éduquer le(s) soignant(s) de l’enfant sur les symptômes dissociatifs et leur signification, ainsi que sur la meilleure façon d’intervenir lorsque les symptômes se manifestent.
  • Aborder les comportements problématiques qui interfèrent avec le fonctionnement de votre enfant.
  • Aider votre enfant à surmonter les pertes ou les perturbations passées et à développer une relation d’attachement saine avec vous.
  • Créez avec votre enfant un récit intégré (l’histoire des expériences de l’enfant – qu’il s’agisse d’un traumatisme unique ou de plusieurs traumatismes à long terme – qui comprend les sentiments, les pensées et les sensations physiques de l’enfant ainsi que des informations sur les événements réels) en parlant, en jouant, écrivant, dessinant et s’occupant des réponses corporelles.
  • Encourager l’intégration des différents aspects de la personnalité de l’enfant, des expériences (souvenirs), des sentiments ou des sensations qui ont été précédemment bloqués de la conscience totale de l’enfant.
  • Se coordonner avec la famille, l’école et les autres membres de la vie de votre enfant pour soutenir les progrès de votre enfant.

À chaque étape de la thérapie, le thérapeute de votre enfant notera les signes et comportements dissociatifs et travaillera avec votre enfant pour qu’il devienne plus conscient de lui-même.

Vous serez également impliqué dans le traitement. La partie la plus importante de la guérison de la détresse liée aux traumatismes et des barrières dissociatives est la relation d’attachement sûre et aimante que vous créez avec votre enfant.

8. Qu’est-ce que je dois faire maintenant ?

Tout d’abord, félicitez-vous d’avoir pris l’initiative de faire les recherches et les lectures que vous faites actuellement. Et deuxièmement, rappelez-vous que la dissociation est traitable.

Vous pouvez en apprendre le plus possible sur la dissociation. Les informations sur la dissociation peuvent provenir de thérapeutes, de travailleurs sociaux, de psychologues, de conseillers scolaires et de psychiatres. Si le thérapeute ou le médecin avec lequel vous travaillez ne connaît pas ce domaine et n’est pas intéressé à en savoir plus sur la dissociation, vous voudrez peut-être en trouver un nouveau.

Les noms des professionnels qui travaillent dans le domaine de la dissociation se trouvent dans la liste des membres de la Société Internationale pour l’Étude du Traumatisme et de la Dissociation (ISSTD)*. Veuillez noter que l’ISSTD est une association professionnelle et non un organisme de réglementation. L’adhésion d’un professionnel ne garantit donc pas la compétence, mais elle démontre un intérêt pour le domaine du traumatisme et de la dissociation. Voici quelques questions que vous voudrez peut-être poser: 

• Que signifie la dissociation pour le professionnel ?
N’oubliez pas que tous les enfants qui se dissocient n’ont pas un trouble dissociatif. La dissociation est un blocage des émotions, des sensations physiques, des comportements ou des connaissances afin de se sentir plus en sécurité lorsque des choses effrayantes se produisent. C’est comme se cacher quelque part dans votre esprit où vous vous sentez en sécurité tout en survivant à l’extérieur dans une situation dangereuse.

• Comment reconnaît-on la dissociation chez un enfant ?
Souvenez-vous des types de changements de comportement, d’émotions, de pensées et de sensations corporelles dont nous avons parlé dans la FAQ 3.

• De quoi un enfant dissocié a-t-il besoin pour aller mieux ?
Souvenez-vous de la discussion dans la FAQ 7.

• Comment le thérapeute vous inclura-t-il dans la thérapie ?
Vous trouverez ci-dessous une liste des façons dont un thérapeute peut travailler avec les parents.

• Quel type de formation sur la dissociation le professionnel a-t-il suivi ?
La formation peut provenir de la lecture, d’ateliers et de conférences professionnels, de groupes d’étude, ainsi que de cours universitaires et de cours de traumatologie et de dissociation de l’ISSTD.

Une évaluation soigneuse et approfondie et, si elle est recommandée, une thérapie pour votre enfant seront importantes. Le thérapeute devrait vous aider à :

  • Comprendre la dissociation, la reconnaître quand elle se produit et apprendre à parler avec votre enfant dans ces moments-là.
  • Développer un plus grand sentiment de sécurité à la maison.
  • Identifier les triggers qui déclenchent les réponses dissociatives de votre enfant et comment les réduire. Un élément trigger est quelque chose dans l’expérience actuelle de l’enfant qui ressemble en quelque sorte à la situation au moment du traumatisme (par exemple, la fumée de cigarette si l’agresseur fumait ou l’odeur de l’alcool si l’agresseur avait consommé de l’alcool). Les triggers relancent la peur de l’enfant et il est probable que l’enfant y réagisse comme elle l’a fait lorsque le traumatisme s’est produit.
  • Prendre conscience des différents aspects ou parties de votre enfant.
  • Mettre en place un mot ou un geste qui peut vous aider à réorienter votre enfant lorsque la dissociation commence à se produire.
  • Apprendre des techniques spécifiques de gestion de l’enfant qui peuvent aider votre enfant à assumer la responsabilité de tous ses comportements et à encourager un sentiment unique de soi.

Le thérapeute travaillera également avec votre enfant en individuel pour comprendre et diminuer la réponse dissociative, traiter les traumatismes passés et encourager l’intégration des expériences et du sens de soi.

Vous constaterez peut-être que le comportement de votre enfant suscite de fortes réactions négatives en vous ou vous rappelle de mauvaises expériences que vous avez vécues dans le passé. Si cela se produit, il est judicieux de suivre une thérapie pour vous-même. Il est préférable de consulter un thérapeute différent de celui qui traite votre enfant. Mais encore une fois, ce devrait être quelqu’un qui connaît la dissociation. Il peut être utile prendre soin de vous séparément de votre enfant pour avoir du temps pour vous-même. Vous et votre enfant pouvez mieux vous entendre si vous avez du temps à l’écart l’un de l’autre.

Lorsque vous faites des choses avec votre enfant, référez-vous toujours à votre enfant dans son ensemble. Reconnaissez les différents sentiments et pensées de votre enfant, aussi extrêmes qu’ils puissent vous paraître. Vous pourriez demander à votre enfant d’où viennent ces différents sentiments et pensées, puis discuter avec votre enfant des moyens appropriés d’exprimer ces sentiments. Vous pourriez également demander ce qui a fait ressortir (déclenché, trigger) sa réaction et comment vous pouvez l’aider à se sentir plus en sécurité.

Votre rôle le plus important en tant que parent est d’être aimant, compréhensif et cohérent en répondant à votre enfant (même si ses réactions et son comportement n’ont pas de sens pour vous). En parallèle, il doit toujours y avoir des directives appropriées et des conséquences pour ses comportements négatifs.

La sécurité de votre enfant est d’une importance absolue ! Vous pourriez vérifier chaque environnement dans lequel votre enfant passe du temps (maison, école, garderie, scouts) pour voir si quelque chose est dangereux ou ne l’aide pas à se sentir en sécurité. Rappelez à votre enfant que c’est votre travail, pas le sien, de vous occuper les choses qui n’ont pas l’air d’être sûres. Écoutez et appréciez toujours votre enfant lorsqu’il vous parle de son monde.

Le cheminement vers la compréhension de votre enfant ou adolescent est forcément stimulant et enrichissant. Bonne chance !

*Deux équivalents francophones de l’ISSTD qui possèdent des annuaires consultables en ligne sont : l’AFTD et l’IFEMDR. Vous pouvez retrouver d’autres associations et organismes sur cette page de ressources.

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