Rompre le contact avec les personnes violentes

Source :did-sos.com – cutting contact

Quand bien même cesser toute communication est une décision difficile à prendre, c’est souvent une étape vitale pour notre propre guérison et notre épanouissement. Si une fleur a du mal à pousser, il faut changer son environnement. Si nous ne pouvons pas nous épanouir dans nos relations, il faut les redéfinir. « Plus de contact » est une façon de redéfinir une relation, mais ce n’en est pas nécessairement la fin.

Plus de contact avec les agresseurs

Rompre le contact avec les agresseurs est une condition nécessaire pour pouvoir travailler sur les traumatismes. Vous devez être en sécurité, protégé de la possibilité de vivre de nouveaux traumatismes, sinon cela vous mettra en danger de baisser vos barrières dissociatives : vous en avez toujours besoin.

Les relations qui nous lient à nos agresseurs sont, en général, compliquées ; d’autant plus compliquées lorsqu’ils sont notre famille. Nous avons besoin de distance pour pouvoir nous sentir en sécurité, grandir loin de leur influence, travailler sur nos souvenirs et nos émotions, et construire notre identité de façon indépendante. Cela ne fonctionnera pas si nous vivons toujours avec eux, sous le même toit. Il est d’ailleurs considéré que commencer le travail sur les traumas alors que la personne est toujours en contact avec ses agresseurs est une énorme erreur. Des thérapeutes ont été poursuivis en justice par leurs patients pour avoir fait cela.

Si vous êtes coincé dans une relation de dépendance, votre thérapeute ou un organisme spécialisé peut vous aider à trouver une façon de vous échapper. Vous pouvez obtenir le soutien, l’aide et l’accompagnement dont vous avez besoin. Vous n’êtes pas seul.

Plus de contact avec ceux qui interfèrent avec votre guérison et votre évolution

Nous avons souvent grandi dans une famille dont le fonctionnement autorisait la violence. Nos familles peuvent ainsi avoir une culture qui leur est propre : une façon de se connecter à l’autre, de communiquer avec l’autre, des états d’esprit particuliers. Il y a aussi la façon dont les comportements toxiques sont acceptés, dont la violence est acceptée, et comment tous ces éléments peuvent être considérés comme « normaux ». Parfois, la confrontation aide ; mais souvent, nos familles sont incapables de reconnaître leurs propres schémas inadaptés.

Rester dans cet environnement limitera nos capacités à grandir en-dehors de tout cela. Pire, cela pourrait être une forme de soutien envers ce style de culture familiale et ces visions déformées de ce qui est « normal ».

Couper le contact sert de rappel clair et douloureux que quelque chose ne va vraiment pas. Vous élevez un mur, qui sert de monument encore plus efficace que votre parole : les choses doivent changer !

Les doutes

Avec le trouble de stress post-traumatique complexe (TSPT-C), il est normal d’avoir une vision divisée des gens violents. Parfois, nous nous rappelons tout le mal qu’ils ont pu faire et nous sommes certains qu’il faut stopper tout contact. Parfois, nous ne nous rappelons que les bons moments, ceux où nous nous sentions connecté à l’autre, aimé par l’autre. C’est ainsi que nous donnons du sens au monde lorsque nous sommes enfant, nous pensons en termes de bon et mauvais, de noir ou blanc. C’est quand nous gagnons en maturité que nous apprenons à intégrer ces deux visions en une seule image, sans avoir à nier l’existence de l’une des deux. Avec le TDI, il peut être nécessaire de partager ces visions qui peuvent être détenues par des parts différentes, qui se rappellent ces évènements différemment, afin d’avoir une image complète d’une personne.

Couper le contact avec vos parents n’est pas un manque de respect. Vous les considérez très sérieusement lorsque, après confrontation, vous honorez leur décision de garder leurs schémas de fonctionnement toxiques. Vous respectez leur choix à un point tel que vous n’essayez même pas de le changer. Votre retrait est une conséquence de votre respect, pas une injure à leur honneur.

Il arrive que l’on nous dise que nous sommes redevables à nos parents pour nous avoir élevés. Mais c’est supposé être réciproque. Vos parents vous devaient de vous élever correctement en vous protégeant de la violence. S’ils ne l’ont pas fait, vous ne leur devez rien. Un conseiller m’a dit un jour : « Regardez votre acte de naissance. Qu’est-ce qu’il dit ? Il y a votre nom et votre date de naissance. Pas de petits caractères qui disent que vous devez être là pour leur anniversaire, ni que votre présence est nécessaire une fois qu’ils seront âgés. Etre l’enfant de quelqu’un ne justifie aucune obligation. »

Comment rompre le contact ?

Vous faites comme vous pouvez. Il est parfois plus important que cela soit fait, peu importe la façon, que de le faire avec les manières. C’est à vous de décider si vous voulez le faire en personne, si vous voulez écrire une lettre, ou si vous ne voulez rien dire du tout et simplement les bloquer.

J’ai cessé d’être en contact avec plusieurs personnes au cours de ma vie, et ça ne devient jamais un acte facile. De mon expérience, le faire en personne est le plus difficile, car cela mène à des discussions au cours desquelles vos limites seront mises à l’épreuve. Les gens que l’on doit écarter de nos vies sont souvent ceux qui ne respectent pas nos limites et nous devons nous préparer à des attaques et de la manipulation.

Une lettre vous laisse le temps de réfléchir. Vous pouvez la montrer à votre thérapeute, pour voir ce qu’il en pense, et aussi ramener la réponse potentielle en thérapie afin de recevoir du soutien.

Bloquer l’autre signifie risquer de faire face à des tentatives de renouer contact, avec vous ou avec vos amis, pour tenter de comprendre ce qui se passe. C’est une façon de faire lorsque vous êtes complètement submergé, mais il serait parfois plus facile de poser une limite que de faire face aux mois de stress qui suivent la formulation d’une limite tacite.

Certains préfèrent laisser la relation se dissiper en évitant la communication. Si vous faites cela, il faudra vous attendre à être contacté à des moments aléatoires, hors de votre contrôle. Cela peut parfois sembler être une façon de faire plus douce, mais elle signifie qu’il n’y aucune vraie limite qui est mise en place. Vous pouvez vous en sortir avec cette solution pour une tante lointaine, mais pas pour les gens qui ont été vos agresseurs.

C’est votre choix, si jamais vous devez expliquer vos raisons. Peut-être n’est-il pas nécessaire de le préciser, parce que vous avez déjà eu cette conversation. Vous ne devez d’explication à personne. Les gens qui sont violents avec vous savent parfaitement ce qu’ils ont fait de mal.

Vous pourriez aussi vouloir ajouter des conditions sous lesquelles vous pourriez reconsidérer votre limite (cela ne concerne pas les agresseurs). Vous pourriez aussi vouloir leur faire savoir que vous les recontacterez quand vous serez prêt et laisser les choses ainsi.

Quand (et pas « si ») votre limite sera testée, préparez un message « automatique ». C’est une technique où vous copiez-collez le même texte, une répétition simple de votre limite, qui servira de réponse peu importe la façon dont votre limite est testée. Vous avez largement atteint le stade des formules.

L’espoir d’absence de contact

Une fois que vous serez sorti de leur vie, vos limites rappelleront aux gens qu’ils doivent changer. L’absence de contact créer une douleur relationnelle, pas juste chez vous, mais aussi chez les gens dont vous vous êtes éloignés. La douleur peut être une grande source de motivation pour initier un changement. S’ils n’avaient pas prêté attention à leur façon de gérer leur vie par le passé, ils pourraient le faire maintenant. Le temps est votre allié.

Comme ils sont enlisés dans leur environnement « normal-toxique », sans votre limite, ils auraient pu continuer ainsi sans voir les problèmes causés par leurs comportements, sans comprendre ce qui ne va pas. En coupant le contact avec eux, vous leur rendez service et laisser une place à la possibilité de réconciliation.

Reprendre contact

« Plus de contact » est une décision prise au quotidien. Vous vous sentiez peut-être perdu, surtout lorsque viennent des dates anniversaires ou des fêtes, et vous demanderez si vous ne devriez pas envoyer quelque chose. Ne le faites pas. Autrement, vous réduirez la pression mise sur eux et enverrez le message que changer n’est pas nécessaire pour faire partie de votre vie. Si vous avez un TDI, vous devez à présent coopérer pour le bien du système. Faites un effort pour réconforter et soutenir ceux qui ont des difficultés.

Le premier signe d’espoir, c’est quand ils cessent de tester votre limite en arrêtant d’essayer de vous contacter. Consacrez-vous pleinement à votre travail sur vous-même, sur votre guérison, votre épanouissement et la définition de qui vous êtes. Une fois que vous aurez suffisamment avancé, vous pourrez considérer l’idée de les recontacter, selon vos propres règles, si vous le désirez.

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