Le réceptacle de la violence émotionnelle

Source : Discussing Dissociation – The Emotional Container of Abuse

La violence émotionnelle.

C’est un sujet compliqué. C’est un sujet que j’ai essayé d’expliquer à de nombreuses reprises, à de nombreux survivants dissociatifs de traumatismes. Le concept de violence psychologique peut être difficile à comprendre. En effet, le survivant du traumatisme intériorise souvent les paroles agressives de l’auteur et croit qu’elles sont vraies. Mais ce n’est pas vrai. Pas du tout.

Dans cet article, je décrirai un exemple de la dynamique d’un délinquant verbalement violent déplaçant de manière inappropriée sa rage vers une autre personne, la survivante répondant en reprenant son pouvoir et en refusant d’intérioriser la violence qui a été dirigée vers elle.

Aux fins de cet exemple, j’utiliserai un délinquant homme avec une victime femme. Nous savons tous que cette dynamique peut également se produire d’homme à homme, de femme à femme ou de femme à homme. Par souci de simplification des pronoms, je sélectionne l’option homme-vers-femme.

Dans le cas de la violence émotionnelle, le délinquant peut être une personne extérieure, le plus souvent une personne bien connue de la victime. OU, pour les survivants de traumatismes atteints d’un trouble dissociatif de l’identité, la violence psychologique peut provenir d’une partie interne du système s’en prenant à d’autres parties internes, où l’alter agressif est souvent un introjet d’un agresseur extérieur.

Pour avoir de l’impact, je choisis d’écrire à la première personne. J’y ai réfléchi, et il sera peut-être plus facile de comprendre mon explication de la violence émotionnelle et comment vous distancer de cette violence si vous la lisez comme si vous étiez le véritable destinataire et victime de la violence émotionnelle.

Mettez-vous à cette place. Vous l’avez déjà probablement occupée bien trop souvent. Vous pouvez très bien vous identifier aux sentiments d’intériorisation de la violence émotionnelle.

Ce que j’ai écrit ci-dessous est un exemple de la façon de vous distancer de ce que l’agresseur a dit et fait. C’est un moyen de garder des limites autour de vous en tant que vous et de reconnaître ce que l’agresseur vous faisait DE LUI-MÊME, pas à cause de vous. Pour ce scénario, supposons que l’agression verbale s’est produite « l’autre jour ».

** Ne lisez ce qui suit que lorsque vous vous savez dans un environnement sécure, au cas où la perspective à la première personne pourrait être trigger. **

Note de la traduction : Warning additionnel pour les émétophobes


Bon alors…. La scène se déroule après l’événement explosif, et vous êtes assise seule, en train de penser à ce qui s’est passé et, en réponse, de construire une frontière émotionnelle entre vous et l’agresseur. Vous rejetez la violence. Vous n’êtes peut-être pas encore en mesure de dire ces choses à l’agresseur ou d’échapper aux événements violents en premier lieu, mais si vous pouvez commencer à penser à ce genre de choses, c’est un excellent début.

Le voici, le lendemain d’un épisode de violence émotionnelle.

Vos pensées, en tant que survivante-récipiendaire abordant le comportement du délinquant, pourraient être :

Récemment, mon thérapeute m’a dit que les gens étaient des réceptacles d’émotions pour les autres. C’était une idée déroutante pour moi au début. Je comprends la métaphore maintenant parce que c’est exactement ce que tu viens de me faire.

Pour moi, toute cette diarrhée verbale que tu m’as jetée au visage l’autre nuit ressemblait à un vil vomissement. Littéralement. Comme si tu me vomissais de la colère, de la rage, des accusations, de la haine, de la laideur, des ténèbres. Et c’est ce que tu étais. Tu  voulais que je devienne le réceptacle de tout ce que tu ressens à l’intérieur, pour que tu puisses te vider et te sentir propre, léger, libre le lendemain.

Je savais, à ce moment, que tes paroles étaient des descriptions de ton comportement. C’étaient des mots à propos de tes sentiments, tes actions, tes ténèbres, tes erreurs, tes échecs. Je savais que tu me jetais ton moi émotionnel, comme si j’étais toi. J’imagine que j’étais le miroir, comme tu le dis. Une poubelle en miroir. Tu ne pouvais pas me voir. Tu te regardais toi-même, convaincu que j’étais toi. Et là, tu me disais à quel point j’étais terrible.

Sauf que ces descriptions concernaient tes ténèbres. Et bon sang, tu te détestes certainement.

J’ai aussi mon obscurité, bien sûr. Et une longue liste de mes propres erreurs et échecs. Cependant, ma liste est considérablement différente de ta liste. Nous avons mal fait différentes choses. Nous avons des ténèbres différentes. Donc cracher ton vomi noir à ma figure, sur ma personne, ça ne va pas. Parce que je ne rentre pas dans cette liste. Celle-là t’appartenait. C’est pourquoi j’ai continué à refuser d’accepter ce que tu me crachais dessus. Tu as essayé encore et encore de rattacher ta sombre vomissure émotionnelle aux événements de ma vie, tu as vraiment travaillé dur pour ça, je l’ai vu.

Cela ne cadrait toujours pas. Mon obscurité n’est pas la même que la tienne. Alors j’ai continué à refuser ce que tu me crachais dessus.

Ce qui, bien sûr, t’as mis encore plus en colère parce que tu avais vraiment besoin de décharger tes ténèbres. C’était devenu trop dur à porter, un fardeau trop lourd. Tu as donc continué avec de plus en plus de force. Je n’étais pas autorisé à parler, car cela crée une résistance, et tu devais laisser la force du flux sortir de ton espace spirituel émotionnel. D’où le terme vilain vomi.

Imaginez une personne se tenant au-dessus d’une autre, avec des litres et des litres d’un affreux vomi, puant, épais et putride jaillissant de sa bouche grande ouverte pour atterrir la tête de l’autre, qui se trouve plus bas. Avec la force des chutes du Niagara, le vomi tombe de l’un à l’autre. Les films d’horreur hollywoodiens viennent à l’esprit…. Ils ont eu beaucoup de scènes où le monstre-extraterrestre vomit avec force sur les autres personnages.

C’est ce que ça fait. Et si je ne me contente pas de le subir, de l’accepter et d’être le sac à vomi ouvert et volontaire (le réceptacle nouvellement attribué au vomi), alors la violence commence. Tu me forces à tout subir si l’approche émotionnelle rencontre une résistance ou si le flux ne s’épuise pas assez vite pour te soulager. Ou tu vas me battre physiquement ou me terroriser afin de me soumettre et de me faire endosser le rôle de sac à vomi ignoble. « Prends le vomi, fillette, prends-le ! Prends-le et aime-le !! » Quelle horreur.

Ton but, c’est de te vider de toute cette rage et de faire en sorte de me la confier, que je la porte à ta place. Tu as besoin d’en être soulagé et je deviens son nouveau réceptacle. C’est moi qui suis censée le ressentir, pas toi. Je suis censée contenir la négativité et les ténèbres à ta place. Tu as besoin de me faire porter le blâme. C’est à moi d’être la détentrice et le réceptacle du vil vomi.

Tu as besoin de t’en libérer et de t’en nettoyer. Tu as besoin de t’en séparer.

Ainsi, le lendemain, tu es soulagé. Je me sens merdique. Mission de réceptacle terminée. Tu m’as fait passer le relais émotionnel dégueulasse.

Peut-être que tu ne connais aucun autre moyen de te soulager, à part en le transférer sur / à quelqu’un d’autre.

Cette méthode fonctionne pour toi, pendant une courte période. Peut-être pour quelques heures, peut-être pour quelques jours. Pas pour longtemps, car cette obscurité revient en toi et recommence à remplir ton espace intérieur. Bon sang ! Je déteste quand ça arrive. Parce que tôt ou tard, tu sentiras un débordement à l’intérieur de toi-même, et tout le cycle de déversement du vil vomi dans une nouvelle personne-réceptacle se reproduira.

Cependant, durant le laps de temps où il n’est plus présent…. Au cours de ces quelques heures précieuses, tu te sens vraiment libéré des ténèbres en toi et, dans cet espace, tu pourrais même te sentir bien. Peut-être que tu peux un peu profiter de la vie. C’est comme des courtes vacances loin de tes problèmes. Tu peux être la meilleure version de toi-même, le toi qui n’est pas alourdi par le vomi. Ça fait du bien. C’est libérateur. Tu as vraiment transféré tout ce bagage émotionnel dans la personne-réceptacle. Tu n’as plus l’impression qu’il t’appartient. Il appartient maintenant à quelqu’un d’autre. Ah, ne pas porter tout ce vil vomi fait du bien. Un peu comme ça fait du bien de vomir après une forte dose d’héroïne.

Sauf que tu n’as pas résolu le problème. Tu as pris une gorgée de morphine. De la morphine émotionnelle. Les ténèbres remontent à nouveau. Elles t’appartenaient vraiment en premier lieu.

Ce n’est pas sans rappeler les tueurs en série qu’on peut voir à la télévision, dans la façon dont ils obtiennent leur libération émotionnelle après avoir agressé une autre personne avec une intense violence. Accompagné d’un petit Chianti. Et d’un bon cigare. Jusqu’à ce qu’ils aient besoin de se libérer à nouveau.

Sauf que tu n’es pas un tueur en série et que quelque part là-dedans, tu sais qu’agresser les autres est une erreur. Même si tu as besoin que quelqu’un devienne ton sac à vomi, tu sais que ça va trop loin et que tu vas avoir un mauvais karma en faisant ça aux autres.

Cela m’attriste. Parce que tu peux vraiment être une personne merveilleuse. Je le sais. J’ai vu qu’il y a du bon à l’intérieur de toi et je me suis occupée de toi pendant longtemps. Je ne veux pas vraiment avoir à m’éloigner de toi.

Je ne sais pas d’où vient toute ta haine et ta rage. Si je pouvais construire un mur autour de toi pour empêcher le flot de vilain vomi de pénétrer dans ton esprit, je le ferais. Je peux voir à quel point c’est inconfortable d’être rempli de telles ténèbres et d’une telle rage destructrice.

Je sais que tu es malheureux lorsque cela se produit, et je veux t’aider. Je sais seulement ce qui fonctionne pour moi. Peut-être que cela peut t’aider aussi. Je ne sais pas ce qui fonctionnera pour toi. Je sais ce qui a fonctionné pour moi. Si cela t’intéresse, je t’en dirai plus une autre fois.

Je n’aime vraiment pas être ton sac à vomi. SI je pensais que cela t’aiderait à long terme, j’aurais une opinion différente. Je sais que cela n’aidera pas au long terme – parce que cette approche n’a pas de fin. Je sais que la pression s’accumulera à nouveau en toi et que la goutte de trop la fera exploser à nouveau.

C’est un cycle, pas une fin. C’est un cycle, pas une solution. Et je ne veux pas être un sac à vomi toute ma vie.

Alors s’il te plaît, trouve une manière différente de te libérer de cette obscurité. Trouve un soulagement authentique et non temporaire. Je suis censée être une personne que tu chéris…. Pas celle qui se fait vomir dessus.

Reprends-toi.

Pouvez-vous voir comment la survivante du traumatisme rejette les paroles vicieuses prononcées par l’agresseur ?

Voyez-vous comment elle reconnaît ce qui est à elle, par rapport à ce qui appartient à l’autre personne ?

Elle n’accepte pas son comportement comme étant correct. Elle reconnaît la violence comme telle et l’appelle ainsi.

De toute évidence, obtenir une sécurité littérale et une distance physique par rapport à tout type de violence serait également un sujet de discussion important. Le but de ce blog est de montrer un exemple de la façon dont les survivants peuvent riposter et refuser d’accepter et d’inhaler ou d’intérioriser des paroles violentes.

Vous définissez qui vous êtes.

Et oui, vous pouvez refuser d’accepter la violence d’une autre personne.

Renforcez-vous. Soyez fort en vous-même et n’acceptez pas tout ce qui vous est dit.

Repoussez-le et soyez dur ! Vous pouvez le faire. Je le sais !

Je vous souhaite le meilleur dans votre parcours thérapeutique.

Amicalement,
Kathy.

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