Quelques mythes sur le TDI

Source :did-research.org – Myths

Mythe : Le Trouble dissociatif de l’identité, c’est la même chose que la schizophrénie.

Fait : La schizophrénie est un spectre de troubles caractérisé par le délire, les hallucinations, la paranoïa, un affect plat, des pensées, paroles et mouvements désorganisés, la catatonie et la mise en retrait vis-à-vis de la société. Cela n’implique pas d’avoir des alters et parfois n’implique aucune dissociation.
En comparaison, ceux avec un TDI ne sont pas sujet au délire ou n’hallucinent pas la présence de leurs alters. Même si les deux peuvent entendre des voix, ceux avec un TDI entendent généralement la projection interne de leurs alters. Les premiers symptômes de la classification de Schneider chez les TDI sont différents de ceux chez les schizophrènes, et même si ceux avec TDI peuvent vivre des moments de psychoses dissociatives ou réactives, ce ne sont pas les mêmes choses.

Mythe : Le TDI est la même chose que le trouble bipolaire.

Fait : Le trouble bipolaire est un trouble de l’humeur caractérisé par des état dépressifs, maniaques, ou mixtes. Ils n’ont rien à voir avec des alters ou la dissociation.
Ceux avec un TDI peuvent avoir l’air d’avoir des cycles d’humeur rapides dû aux changement de personnalité, mais c’est justement parce que leurs alters peuvent avoir différentes humeurs, ou à cause d’un élément déclencheur. Les deux troubles sont loin d’être similaires.  

Mythe : Le TDI est la même chose que le trouble de la personnalité borderline (TPB).

Fait : Il y a beaucoup de similitudes entre le trouble dissociatif de la personnalité et le trouble de la personnalité borderline.
Les deux troubles sont supposés être causés (ou souvent causés) durant l’enfance par un traumatisme, et un attachement peu stable/désorganisé, et peuvent être expliqué grâce à la théorie de la dissociation structurelle.
Mais ceux avec TDI perçoivent leur identité comme ayant plusieurs parties distinctes tandis que ceux avec TPB perçoivent leur identité comme étant très peu définie et possiblement fragmentée. Le TDI est un trouble dissociatif tandis que le TPB implique souvent des traits dissociatifs. Les deux peuvent avoir des problèmes à former ou maintenir des liens sains. Le trouble borderline n’implique pas des parties totalement différenciées et bien qu’ils retrouvent parfois dans des transes dissociatives ou des états de fugue, ce n’est pas la même amnésie inter-identité que l’on retrouve chez ceux ayant un TDI. Ceux avec TDI sont moins susceptible de voir le monde et les autres en noir et blanc, ou ont une peur intense de l’abandon.
Le trouble borderline et le TDI peuvent être co-morbide mais ce ne sont pas les mêmes troubles.

Mythe : Le TDI est très rare.

Fait : Entre 0,1% et 2% de la population vit avec un TDI. Le DSM-5 place cette prévalence à 1,5%. Cela fait presque 3,2 millions d’Américains, 0,65 millions d’habitants du Royaume-Unis, ou 71 millions de gens à travers le monde !

Mythe : Le TDI est un phénomène Américain.

Fait : Le TDI a été retrouvé dans tous les pays où il a été cherché, et certaines recherches avancées concernant le TDI viennent des Pays Bas, de la Turquie, de Puerto Rico et de la Nouvelle Zélande.

Mythe : Le TDI n’existait pas avant Sybil.

Fait : Le premier cas connu de TDI était Jeanne Fery en 1584. Sybil a amené le TDI à être connu et a permis d’augmenter le nombre de diagnostics comme plus de recherches étaient menées, et plus de sensibilisation était faite, mais le TDI n’a pas commencé avec Sybil.

Mythe : Le TDI est évident et facile à observer chez ceux qui l’ont.

Fait : Seulement 5 à 6% de ceux ayant un TDI souffrent ouvertement de ce trouble. Les 94 à 95% restants ne sont pas facilement identifiables.
Ceux ayant un TDI seront plus facilement reconnus comme ayant un trouble de l’humeur, de la personnalité, un trouble psychotique, d’autres troubles dissociatifs, un trouble de stress post-traumatique, un trouble de conversion, un trouble obsessionnel compulsif, de la paranoïa ou un trouble cognitif.

Mythe : Ceux avec un TDI sont de dangereux meurtriers !

Fait : Comme n’importe quelle autre population souffrant d’un trouble mental, ceux avec un TDI ne sont pas plus destinés à être dangereux ou agressifs que n’importe qui d’autre.
Plus encore, le TDI se forme à cause d’un traumatisme durant l’enfance, et ceux ayant un TDI sont plus susceptibles d’être re-traumatisés et d’être à nouveau victimes d’abus et de violence. Contrairement à la croyance populaire, ce n’est pas commun chez ceux ayant un TDI d’avoir un alter « malfaisant ».

Mythe : Le TDI est facile à simuler.

Fait : Si les non-professionnels peuvent ne pas être capables de distinguer ceux qui ont un TDI de ceux qui n’ont pas de TDI, les professionnels sont entraînés à faire la différence entre le TDI et les troubles qui peuvent être similaires, ou entre le TDI et les troubles factices ou le simulacre. Les diagnostics faits avec les outils appropriés sont très sûrs.

Mythe : Le TDI est causé par le thérapeute, les médias, en y pensant…

Fait : Il y a une abondance de preuves qui indiquent que le TDI est dû à un traumatisme répété ou sur du long terme, durant l’enfance. La recherche montre que le TDI iatrogène / sociocognitif (TDI résultant d’influences thérapeutiques ou sociales) n’est pas le même que TDI authentique.

Mythe : Le TDI est causé par des violences graves, de la maltraitance.

Fait : Le TDI est causé par un traumatisme répété ou sur du long terme, durant l’enfance. La maltraitance rentre dans les critères et est la cause la plus commune, avec près de 90% des personnes avec TDI ayant vécu des violences ou de la négligence infantile.
Cependant, d’autres formes de traumatismes sont associés au TDI, comme des interventions chirurgicales répétées, la guerre, le trafic d’êtres humains ou le terrorisme. Des liens d’attachements erratiques jouent également un rôle.

Mythe : Le TDI peut se former chez les adultes.

Fait : Le TDI ne peut pas se former chez des individus ayant totalement intégré leur personnalité, et un traumatisme chronique durant l’enfance est nécessaire pour interrompre le développement normal de la personnalité.
Il est généralement accepté que cela doit arriver entre 6 et 9 ans. Six ans est considéré comme une période critique pour l’intégration du sens du soi-même et de l’histoire personnelle à cause de la maturation de l’hippocampe et du cortex préfrontal durant cette période.

Mythe : Les alters sont juste des états du moi / des humeurs avec des noms / des amis imaginaires

Fait : les alters (ndt : identités alternantes) sont des états dissociés qui peuvent être très différents les uns des autres. Ils peuvent avoir différents noms, âges, genres, préférences sexuelles, souvenirs, capacités, et leur façons de voir et d’interagir avec le monde peuvent également être uniques.
Ils peuvent avoir des troubles psychologiques différents ou différents marqueurs physiologiques et réactions aux stimuli incluant : des différences de l’acuité visuelle, de réponse aux médicaments, différentes allergies, différences dans les niveaux de glucose, différence de fréquence cardiaque, de pression sanguine, de réponse au toucher, de tension musculaire, de fonction immunitaire, des différences lors d’électroencéphalogrammes.

Mythe : Ceux avec un TDI ne savent pas qu’ils ont des alters.

Fait : Il est commun pour ceux ayant un TDI d’être conscients de leurs alters, d’entendre leurs alters communiquer et de connaître au moins les activités de certains d’entre eux.
Beaucoup d’entre eux ont remarqué des signes de la présence de leurs alters depuis leur enfance. Ils peuvent même avoir cru qu’ils contenaient d’autres « gens » ou avoir connu leurs alters de façon plus personnelle, mais ont commencé à ignorer, oublier, ou rejeter ce savoir tandis qu’ils grandissaient et réalisaient qu’avoir des alters n’est pas « normal ».
Beaucoup de personnes avec un TDI savent que leur mémoire est parfois peu fiable, qu’ils font des choses sans se rappeler les avoir faites, et qu’ils agissent parfois totalement à l’inverse de leur caractère sans pouvoir s’arrêter ou contrôler leurs actions. Ce n’est pas rare pour ceux ayant un TDI d’entendre les voix de leurs alters mais sans pouvoir les comprendre, ou de penser que c’est un signe de folie.
Parfois, les personnes avec TDI trouveront qu’elles ont un TDI grâce à la quantité croissante d’informations fiables disponibles à propos de ce trouble, et alors bien sûr que ces personnes qui seront diagnostiquées savent qu’elles ont un TDI !

Mythe : Les personnes avec TDI ne sont pas conscientes de ce que leurs alters font.

Fait : Bien que toutes les personnes avec TDI vivent un certain degré d’amnésie à cause des alters, beaucoup peuvent rester co-conscients avec certains d’entre eux. La co-conscience est la capacité à ce que deux ou plusieurs alters restent conscients de chacun d’entre eux ou du monde extérieur, tous en même temps.

Mythe : Ceux avec TDI peuvent choisir de se débarrasser, tuer, ou instantanément intégrer leurs alters.

Fait : Les alters sont des parties dissociées de soi-même. On ne peut pas s’en débarrasser ou les tuer, pas plus qu’un autre trait de caractère, un défaut, ou n’importe quel autre symptôme ne peut disparaître ou être guéri comme par magie.
L’intégration, ou l’abaissement des barrières dissociatives entre les alters jusqu’à ce que tous les alters détiennent toutes les parties de la personnalité et qu’un seul individu ne reste, est possible mais demande du temps et des efforts. Les alters sont formés par un traumatisme et restent séparés à cause d’une incapacité interne à s’intégrer et au fait d’avoir expérimenté des évènements différents menant à la formation d’individus différenciés.
L’intégration n’est pas forcément le bon choix pour tous les systèmes et est un choix personnel. Dans beaucoup de cas, faire progresser la communication et la coopération entre les alters est plus souhaitable, même si il n’y a pas tous les bénéfices d’une intégration complète. Même lorsqu’un système a réussi à s’intégrer, le traitement doit continuer jusqu’à ce que l’individu soit plus habitué à vivre de cette façon.

« Contrairement à la croyance populaire, avoir des personnalités multiples ne fait pas de vous un psychopathe. Malheureusement, les médias exagèrent absolument tout. »
– Alpha

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